Ludovic François
Ludovic François présente
Ou le guide ultime sur comment s'en battre les couilles des gens et de leur opinion
Première édition — 2026
« Le jour où t'as plus rien à prouver, t'as tout. »
— Ludovic François
À tous ceux qui ont déjà eu
envie de dire ce qu'ils pensent
mais qui ont fermé leur gueule.
C'est fini.
Introduction
ou comment briser la glace en un mot
Introduction — Ta grand-mère la pute
Ta grand-mère la pute. Voilà. C'est fait. On a brisé la glace.
Si t'as ouvert ce livre c'est que le titre t'a fait réagir. Soit t'as ri. Soit t'as été choqué. Soit les deux. Dans tous les cas t'es là.
Et c'est exactement le problème qu'on va régler ensemble.
Parce que toi, ce titre, t'aurais jamais osé l'écrire. T'aurais jamais osé le dire à voix haute dans un open space. T'aurais jamais osé le poster sur LinkedIn.
Pourquoi ?
Parce que « qu'est-ce qu'ils vont penser ».
« Ils. »
C'est toujours « ils ». C'est jamais toi.
Introduction — Ta grand-mère la pute
T'oses pas appeler un prospect parce que « il va penser que je le dérange ». T'oses pas demander une augmentation parce que « ils vont penser que j'abuse ». T'oses pas quitter ton taf parce que « ils vont penser que je suis instable ». T'oses pas poster ce que tu penses vraiment parce que « ils vont penser que je suis un fou ».
Et tu sais le pire ?
• • •
Ce livre c'est pas un livre de développement personnel de con. C'est pas un livre de coaching. Y'a pas de méditation à la fin des chapitres. Y'a pas de « visualise ton moi supérieur ». Y'a pas de gratitude journal.
Ce livre c'est un miroir. Avec un mec de l'autre côté qui te dit ce que personne ose te dire.
Et le truc qu'on va attaquer ensemble, c'est le filtre. Le filtre que tu mets entre ce que tu penses et ce que tu dis. Entre ce que tu veux et ce que tu fais. C'est lui l'ennemi. Tout le reste c'est des symptômes.
Introduction — Ta grand-mère la pute
Que t'es en train de vivre la vie de quelqu'un d'autre.
Et que c'est le moment d'arrêter.
• • •
Je m'appelle Ludovic. Et je m'en bats les couilles des gens.
C'est pas parce que je suis un connard. C'est parce que je m'en bats les couilles.
Et ce livre va t'apprendre à faire pareil.
Le « bat les couilles » du jour
Aujourd'hui, dis non à un truc que t'aurais dit oui juste pour faire plaisir. Un café que t'as pas envie de prendre, un plan que tu sens pas, une faveur qui t'arrange pas. Juste : non. Sans excuse, sans explication. C'est le début.
Chapitre 01
18 ans roi du monde, 20 ans roi de rien
Chapitre 01 — J'ai tout cramé
J'avais 18 ans et j'avais plus d'argent que tous mes potes réunis.
Comédien. Films. Pubs. Le genre de trucs que tu racontes en soirée et les gens te regardent différemment. « Ah ouais t'as fait des films ? Waaah. »
Et moi j'adorais ce regard. Le moment où le mec en face passe de « c'est qui lui » à « Ça va mon reuf ? ».
Donc quand l'argent est tombé, qu'est-ce que j'ai fait ?
Chapitre 01 — J'ai tout cramé
Voiture, vêtements de luxe, voyage, boîte de nuit, nuits d'hôtels. La vie d'artiste.
18 ans, roi du monde.
20 ans, roi de rien.
• • •
En deux ans j'avais tout cramé. Pas « presque tout ». Tout. Zéro. Et en dessous de zéro même, parce que la voiture elle continuait de coûter. L'assurance elle continuait de tomber. Les amendes elles s'empilaient.
Et quand tu peux pas payer une amende de 90€ elle devient 180. Puis 375. Puis un jour t'ouvres ta boîte aux lettres et tu te dis « je vais arrêter d'ouvrir ma boîte aux lettres ».
Ah la boîte aux lettres... mon pire ennemi à l'époque.
Chapitre 01 — J'ai tout cramé
Le truc c'est que j'aurais pu éviter tout ça. Si j'avais mis cet argent de côté. Si j'avais investi. Si j'avais été « raisonnable ».
Mais j'avais 18 ans et j'avais besoin que les gens sachent que j'avais réussi. C'était pas l'argent qui comptait. C'était le regard.
La caisse c'était pas pour moi. C'était pour le feu rouge.
Les soirées c'étaient pas pour moi. C'était pour les « c'est pour moi » et le regard des gens autour de la table.
Les fringues c'étaient pas pour moi. C'était pour le reflet dans les yeux des autres.
Et quand l'argent a disparu, le regard a disparu avec. Les mêmes mecs qui me regardaient comme un roi me regardaient plus du tout.
Normal. J'avais plus rien à montrer.
Toi aussi t'as un truc que tu fais pour les autres sans t'en rendre compte. C'est peut-être pas une caisse. C'est peut-être un post. Un taf. Un sourire. Un « ça va » de trop. Mais c'est là. Et ça te coûte plus cher que tu crois.
Chapitre 01 — J'ai tout cramé
Et c'est là que j'ai compris un truc. Pas sur le moment hein. Sur le moment j'étais juste dans la merde. J'ai compris bien plus tard.
Parce que c'est un puits sans fond. T'achètes la caisse, il te faut la montre. T'achètes la montre, il te faut l'appart. T'achètes l'appart, il te faut la baraque. T'achètes la baraque, il te faut une maîtresse. Oh la ouais bon bref.
C'est jamais assez. Parce que c'est jamais pour toi.
Le mec qui s'achète une vieille bagnole parce qu'elle lui plaît et qui s'en bat les couilles de ce que le voisin pense — ce mec-là il sera toujours plus riche que moi à 18 ans.
Pas en argent. En paix.
Et la paix ça se crame pas en deux ans.
Le « bat les couilles » du jour
La prochaine fois que tu sors ta carte pour acheter un truc, demande-toi : tu l'achètes pour toi ou pour le regard du mec à côté ? Si c'est pour le mec à côté, range ta carte. Il s'en bat les couilles de toute façon.
Chapitre 02
Lidl, intérim, et la boîte qui arnaquait les vieux
Chapitre 02 — Les tafs de con
Après avoir tout cramé, faut bien manger.
Et quand t'as pas de diplôme, pas d'expérience, pas de réseau, et un ego en miettes, tu manges ce qu'on te donne.
Lidl.
Je me souviens du premier jour. Le gilet. Le bip du scanner. Les gens qui te regardent avec mépris. T'es personne. T'es le mec du rayon. T'es même pas le mec du rayon, t'es l'intérimaire du mec du rayon.
Après y'a eu les missions. Livreur. Manutentionnaire. Des trucs sans nom où tu te bosses à des heures de tarés la nuit, le matin, on te dit quoi faire, tu le fais, tu rentres, t'es éteint, t'as gagné 50 balles, et tu recommences.
Et tu sais ce qui faisait le plus mal ?
C'est pas le taf. C'est pas le salaire.
C'est le regard.
Chapitre 02 — Les tafs de con
Le même regard que je cherchais à 18 ans avec mes sapes. Sauf que maintenant c'était l'inverse. Les gens te regardent en mode « ah c'est toi le livreur ». Pas méchamment hein. Pire. Avec indifférence. T'existes pas.
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Et puis y'a eu la boîte de télémarketing. Celle-là je l'oublierai jamais ptdr.
Le concept : t'appelles des vieux. Des retraités. Tu leur fais croire qu'ils ont besoin de changer leurs fenêtres ou d'installer un poêle à bois. Tu leur fais peur avec des trucs genre « votre isolation est pas aux normes ». Et eux ils flippent et ils signent.
Le troisième jour j'ai eu une mamie au téléphone qui me demandait si elle pouvait payer en trois fois parce que sa retraite était petite.
Et là je vendais le truc quand même. Bat les reins à cette époque il fallait manger.
Toi aussi t'as ta version. « J'ai pas le temps. » « C'est pas le bon moment. » « Faut que j'attende. » C'est le même mensonge, juste emballé différemment.
Chapitre 02 — Les tafs de con
T'as toujours le choix. Mais des fois le choix c'est entre un truc dur et un truc facile. Et le truc facile c'est de rester où t'es.
J'aurais pu partir de cette boîte le premier jour. J'aurais pu continuer à chercher autre chose. J'aurais pu accepter d'avoir faim une semaine de plus pour pas scam des retraités.
Mais j'avais la flemme. Et la flemme c'est le meilleur ami du « j'ai pas le choix ».
Quand tu dis « j'ai pas le choix » traduis par « j'ai la flemme de chercher une meilleure option ». C'est plus honnête.
Chapitre 02 — Les tafs de con
Les tafs de con c'est pas une honte. Tout le monde en fait. Le problème c'est pas d'y passer. Le problème c'est d'y rester.
Et t'y restes pas parce que t'es con. T'y restes parce que chercher mieux c'est risquer un non. Et le non te fait peur.
Donc tu restes à Lidl. Au moins à Lidl personne te dit non. On te dit rien du tout en fait. Et c'est presque pire.
Le « bat les couilles » du jour
La prochaine fois que quelqu'un te demande « tu fais quoi dans la vie ? », réponds ce que tu veux faire. Pas ce que tu fais. Regarde sa tête. Et regarde comment toi tu te sens en le disant à voix haute.
Chapitre 03
Pôle Emploi, Rocket School, et Pauline
Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère
Le tournant de ma vie c'est un coup de fil de ma mère un mardi après-midi.
Pas un déclic spirituel. Pas une révélation sous la douche. Un appel de ma daronne qui me dit « eh y'a la copine de Machin qui dit que sur Pôle Emploi tu peux faire des formations payées ».
Ma première réaction : « Ouais c'est sûrement des formations de con. »
Ma deuxième réaction : « J'irai voir. »
Ma troisième réaction, trois jours plus tard : « J'ai la flemme d'aller voir. »
Tu vois le schéma ? C'est toujours le même. Une opportunité se pointe. Ton cerveau dit non par défaut. Et la flemme confirme.
Mais cette fois j'y suis allé. Je sais même pas pourquoi. Peut-être parce que j'en pouvais plus de Lidl. Peut-être parce que ma mère m'aurait harcelé sinon. Peut-être les deux.
Je vais sur le site de Pôle Emploi et je vois : Rocket School. Business Developer. Commercial 2.0. Bootcamp 3 mois. Alternance 1 an. Formation payée par Pôle Emploi.
Et là je vois les salaires à la sortie. 40k. 50k. 60k.
J'y croyais à moitié. Mais 40k par an quand tu gagnes 60 balles par jour en intérim, ça te fait cliquer sur « postuler ».
Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère
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Et le truc c'est que ça se passait à Paris.
Faut comprendre. J'ai grandi à Corbeil-Essonnes. Le 91. La banlieue. Paris c'est à 30 bornes mais c'est un autre monde. Dans ma tête à l'époque, faire ses études à Paris c'était un truc de gens bien. De gens qui ont un plan. De gens qui sont en place.
Quand j'ai été pris j'étais hypé. « Je vais être Head of Sales. Je vais être plâtré. » Dans ma tête j'étais déjà en costard dans un bureau vitré. Avec la musique d'intro de la série POWER.
♪ They say this is a big rich town… ♪
La réalité c'est que j'allais passer 3 mois à apprendre à cold caller dans une salle avec 30 autres mecs qui croyaient au même rêve.
Mais avant ça fallait trouver une alternance. Et c'est là que tout a basculé.
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Ils organisaient des job datings en visio. Des entreprises partenaires qui recrutaient des alternants.
Première visio : un vieux recruteur médaillé de guerre tout mou . La boîte me plaisait pas. Lui me plaisait pas. Mais je faisais genre.
Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère
« Oui je suis très motivé. »
« Oui votre entreprise m'intéresse beaucoup. »
« Oui j'ai toujours rêvé de travailler dans le consulting en optimisation des processus B2B. »
Tu vois le délire ? Je faisais exactement ce que ce livre te dit de pas faire. Je portais un masque. Je disais ce que le mec voulait entendre. J'étais pas moi. J'étais la version de moi que je pensais qu'il voulait voir.
Et en sortant de la visio je me suis dit : « Si ce mec me prend, j'ai grave le seum. »
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Deuxième visio. Pauline. Boucan Factory.
La caméra s'allume et là c'est un autre monde.
Cette meuf va droit au but. Elle me challenge. Elle me juge ouvertement. Elle dit ce qu'elle pense. Elle choisit pas ses mots. Enfin si, elle les choisit, mais elle a pas peur d'eux. Elle parle comme une vraie personne.
En 20 minutes d'entretien j'ai eu l'impression de parler à quelqu'un pour la première fois.
Pas à un rôle. Pas à une fonction. Pas à un « Responsable du recrutement des profils commerciaux juniors ». À un être humain.
Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère
4 minutes après la fin de la visio, mon téléphone sonne. C'est elle.
« T'es dispo demain soir pour boire un verre sur Paris ? »
Pas un deuxième entretien en visio. Pas un test technique. Un verre. Parce qu'elle voulait rencontrer un humain, pas un CV.
Et c'est là que j'ai compris un truc fondamental.
Pendant le premier entretien, j'avais un masque. Et j'ai attiré un mec mort.
Pendant le deuxième, j'étais moi. Et j'ai attiré quelqu'un de vrai.
C'est pareil partout. En entretien. En vente. En amour. En amitié.
Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère
Le filtre que tu mets pour plaire aux gens, c'est le même filtre qui repousse les bonnes personnes.
Pauline m'aurait jamais rappelé si j'avais sorti le même cinéma qu'avec le premier recruteur. Elle m'a rappelé parce que j'étais vrai. Pas parce que j'étais parfait. Parce que j'étais vrai.
Et ça c'est une leçon qui vaut plus que tous les scripts de vente du monde.
Ton prospect, ton recruteur, ton client — ils sentent le filtre. Toujours. Peut-être pas consciemment. Mais ils le sentent. Et quand ils le sentent, ils se ferment.
Le jour où tu enlèves le filtre, deux choses se passent. Tu perds des gens. Et tu trouves les bons.
C'est un échange que tu fais toujours gagnant.
Le « bat les couilles » du jour
Le prochain entretien, le prochain call, la prochaine conversation importante — enlève une couche de filtre. Dis un truc que t'aurais normalement gardé pour toi. Un seul. Et regarde ce qui se passe.
Chapitre 04
Freelance, libre sur le papier, enfermé dans la tête
Chapitre 04 — La prison dorée
L'alternance avec Pauline c'était le feu. J'apprenais. Je grandissais. Je callais du matin au soir. J'étais bon. Et surtout j'étais bien.
Pendant un temps.
Parce qu'au bout de quelques mois, le truc que j'avais fui toute ma vie m'a rattrapé. Le cadre. Les règles. Le système. Être quelque part à telle heure. Faire les choses de telle manière. Rentrer dans la case.
Et moi les cases ça me rend dingue.
C'est pas que l'alternance était nulle. C'est que j'avais un truc en moi qui poussait. Un truc qui disait « t'es pas fait pour suivre le chemin de quelqu'un d'autre ». Un truc que j'arrivais pas à éteindre.
J'avais envie de plus. Plus d'argent. Plus de liberté. Plus d'émancipation. Je voyais des mecs sur les réseaux qui gagnaient leur vie autrement. Des freelances. Des entrepreneurs. Des mecs qui répondaient à personne.
Et moi j'étais là, en alternance, à attendre la fin du mois pour toucher un salaire que j'avais pas choisi.
Donc j'ai fait ce que tout le monde me déconseillait de faire.
Chapitre 04 — La prison dorée
J'ai pas fini mon alternance.
Quand tu dis ça aux gens tu vois leur visage changer. « T'as pas fini ? Mais pourquoi ? C'était une bonne opportunité. » Ouais. C'était une bonne opportunité. Pour quelqu'un d'autre.
Chapitre 04 — La prison dorée
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Je me suis lancé en freelance. Et mon premier client c'était Pauline.
Ouais. La même Pauline. Parce que j'avais quitté en bons termes. Parce qu'elle savait que j'étais bon. Et parce qu'elle comprenait que j'avais besoin de voler de mes propres ailes même si mes ailes étaient encore en carton.
Je callais pour elle. Je trouvais 2-3 autres clients à côté. Je faisais du cold call en free. Et j'arrivais à dégager assez d'oseille pour vivre.
Sur le papier c'était le rêve. Freelance. Pas de patron. Pas d'horaires. Pas de case.
En vrai c'était une autre prison.
Parce que je me levais le matin sans envie. Je callais parce qu'il fallait caller. Je gagnais de l'argent parce qu'il fallait gagner de l'argent. Mais y'avait pas de but. Pas de vision. Pas de « je fais ça pour aller là ».
J'étais dans une prison dorée.
Chapitre 04 — La prison dorée
Tu connais la prison dorée ? C'est quand ta situation est assez confortable pour que tu restes mais pas assez excitante pour que tu vives. T'es pas malheureux. T'es pas heureux. T'es... là.
Et « rien » c'est pire que « mal ». Parce que quand c'est mal, tu bouges. Quand c'est rien, tu restes.
Chapitre 04 — La prison dorée
J'avais quitté le salariat pour être libre et j'avais recréé exactement la même cage. Juste avec un autre nom sur la porte. Au lieu de « alternant » c'était écrit « freelance ». Mais dedans c'était le même mec fatigué qui comptait les jours.
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Le piège du freelance — et de la vie en général — c'est de confondre le statut et l'état.
T'es freelance mais t'es épuisé → t'es pas libre.
T'es en couple mais t'es seul → t'es pas en couple.
T'as de l'argent mais t'as pas la paix → t'es pas riche.
La liberté c'est pas un statut sur ta fiche LinkedIn. C'est un état.
Chapitre 04 — La prison dorée
Et cet état il dépend pas de si t'as un patron ou pas. Il dépend de si tu fais ce que tu veux faire ou ce que tu crois devoir faire.
Je croyais devoir être freelance parce que c'était "mieux" que salarié. Parce que les mecs sur Instagram disaient que c'était ça la liberté. Parce que dans ma tête, freelance = réussite.
Mais j'avais juste changé de cage en gardant le même oiseau dedans.
Et l'oiseau il en avait marre.
Mais un oiseau qui en a marre de sa cage, même dorée, il finit toujours par chercher la porte. Et la porte, elle était pas là où je pensais.
Le « bat les couilles » du jour
Pose-toi une question ce soir : est-ce que tu fais ce que tu fais parce que tu le veux ou parce que ça a l'air bien vu de l'extérieur ? Si c'est la deuxième option, t'es dans une prison dorée. Et la première étape pour en sortir c'est de l'admettre.
Chapitre 05
Corbeil → Lisbonne, un aller simple
Chapitre 05 — La valise et le sac à dos
Depuis longtemps j'avais cette image dans la tête. Un mec qui se casse. Qui prend ses affaires et qui part. Dans un autre pays. Une autre vie. Un autre lui.
Je voyais des gens faire ça sur les réseaux. Des témoignages. Des mecs qui disaient « j'ai tout quitté et je suis parti ». Et à chaque fois je me disais « un jour ce sera moi ».
Sauf que « un jour » c'est la plus grande arnaque du monde. « Un jour » ça veut dire jamais. C'est ce que tu te dis pour te rassurer sans rien changer.
Et puis un jour — un vrai jour cette fois — l'opportunité est tombée. Le Portugal. Lisbonne. Une colloc. Pas de plan. Pas de business plan. Pas de stratégie de relocalisation à 5 ans. Juste une occasion et une décision à prendre.
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Sauf que ma vie c'était pas juste moi.
J'étais en couple. On se voyait H24. On habitait quasiment ensemble. J'étais en coloc avec mon cousin. Mon meilleur ami d'enfance était là. Mon frère. Ma famille. Tout le monde était à portée de main.
Et moi je voulais me barrer à 2000 bornes.
Chapitre 05 — La valise et le sac à dos
Quand t'annonces un truc comme ça autour de toi, tu reçois deux types de réactions.
Y'a ceux qui disent « fonce ». En général c'est ceux qui ont jamais foncé eux-mêmes. Facile de dire « fonce » quand c'est pas toi qui risques de te planter.
Et y'a ceux qui disent « t'es sûr ? ». En général c'est ceux qui t'aiment le plus. Parce que « t'es sûr » c'est pas du doute. C'est de la peur. Leur peur. Pas la tienne. Ils ont peur de te perdre. Peur que tu te plantes. Peur que tu changes.
Et le problème c'est que leur peur elle devient ta peur. Parce que t'as pas envie de les décevoir. T'as pas envie de les quitter. T'as pas envie d'être le mec qui se barre.
Le jour où tu fais la différence entre tes peurs et celles des autres, tu pars.
Chapitre 05 — La valise et le sac à dos
• • •
Je suis parti avec une valise et un sac à dos. Pas de meubles. Pas de plan B. Pas de filet.
J'arrive à Lisbonne. La coloc. Personne pour m'accueillir.
J'ouvre la porte de ma chambre. Blanche. Froide. Un lit simple. Une table. Une chaise. Une armoire. Y'a que la chaise qui est noire. Tout le reste est blanc.
Je pose ma valise. Je regarde la pièce.
Wa. Bon. Ok.
Je me dis que c'est temporaire. Que ça fera très bien l'affaire. Que c'est pas non plus dégueu. Tu sais ce discours que tu te tiens quand t'as besoin de te convaincre toi-même que t'as pas fait la plus grosse connerie de ta vie.
Chapitre 05 — La valise et le sac à dos
Le taf chez PlayStation commence. Service client. Un taf de con de plus. Mais au moins je me fais des contacts. Des français expatriés. Des gens. De la vie sociale. Ça c'est cool.
Financièrement par contre ?
Éteint. À terre. Complètement. Laisse tomber.
• • •
Et c'est là que ça part en vrille.
J'avais pas de but. J'avais pas de vision. J'avais pas de « je fais ça pour aller là ». J'étais juste un mec dans une chambre blanche à Lisbonne qui savait pas pourquoi il était là.
Donc qu'est-ce que j'ai fait ?
Je sortais. À mort. Je buvais. Je fumais. À mort.
Pas pour kiffer. Pour m'éteindre. Pour pas penser. Pour pas me demander c'est quoi le plan. Pour pas me regarder en face.
Chapitre 05 — La valise et le sac à dos
Et les choses ont commencé à se casser une par une. J'ai trompé ma meuf. Les thunes fondaient. L'appart, la meuf, le taf — tout foutait le camp petit à petit.
Mais je faisais comme si c'était chill.
Le pire c'est ça. Au téléphone avec mes proches : « Non non ça va. Lisbonne c'est incroyable. J'suis bien. » Le sourire dans la voix. Le masque. Le filtre. Le même filtre que je dénonce dans ce livre, je le portais tous les jours.
En vrai c'était la galère. Et à force de faire semblant que ça allait, ça allait de moins en moins.
Dépression. C'est le mot qu'ils mettent dessus. Moi à l'époque j'aurais jamais utilisé ce mot. J'aurais dit « je suis fatigué » ou « c'est une mauvaise passe ».
Mais c'était ça.
Si tu lis ça et que tu te reconnais — si toi aussi tu fais semblant que ça va devant tout le monde — sache que c'est exactement le filtre dont je parle depuis le début de ce livre. Le même filtre. Juste poussé à fond.
Chapitre 05 — La valise et le sac à dos
La question tournait en boucle dans ma tête : je reste ou je pars ? Je retourne en France ? Chez ma mère ?
En soit je savais comment faire de l'oseille rapidement. C'est pas ça le problème. Le problème c'est que je voulais pas le faire dans un truc où j'allais encore être dans une prison dorée. J'étais traumatisé par ça limite.
Mais j'avais toujours espoir. Un truc au fond qui refusait de lâcher.
Et malgré moi, sans m'en rendre compte, je mettais des actions en place. Des petits trucs. Des conversations. Des réflexions. Des pas minuscules qui m'ont sorti de la spirale.
J'ai pris du recul. Beaucoup de recul. J'ai commencé à être honnête avec moi-même. Vraiment honnête. Pas le « je sais que ça va pas » que tu te dis vite fait avant de scroller. Le vrai truc. Le « je suis dans la merde, j'ai trompé ma meuf, j'ai pas d'argent, je fais semblant devant tout le monde, et j'ai peur. »
Dire ça. Se le dire. Sans filtre. Sans excuse. Sans « ouais mais c'est parce que ».
Et petit à petit je retrouvais espoir. Pas grâce à un déclic magique. Grâce au fait d'accepter qui j'étais. Le bon et le mauvais. Sans me mentir.
Le « bat les couilles » du jour
Mais tu sais ce qui est pire que de partir et de galérer ? Rester et se demander toute sa vie « et si j'étais parti ? ». Le truc que tu repousses depuis des mois — écris-le sur un papier. Pas pour le faire maintenant. Juste pour le regarder en face.
Chapitre 06
Le masque que tu portes sans le savoir
Chapitre 06 — Le filtre
L'autre jour un pote m'a demandé « ça va ? ». J'ai dit « ouais tranquille ». En vrai j'avais passé la pire semaine de l'année. Mais j'ai dit tranquille. Réflexe. Automatique. Même pas réfléchi.
C'est ça le filtre.
Pas le filtre Instagram hein. Le vrai filtre. Celui que tu mets entre ce que tu penses et ce que tu dis. Entre ce que tu ressens et ce que tu montres. Entre qui t'es et qui tu fais semblant d'être.
On en a tous un. Tout le temps. Avec tout le monde.
Et je dis bien tout le monde.
Ta meuf. Ton mari. Ton meilleur pote. Ton frère. Ta mère. Y'a toujours une couche. Même infime. Même minuscule. Y'a toujours un truc que tu gardes pour toi. Un truc que tu penses mais que tu dis pas. Un truc que tu ressens mais que tu montres pas.
Et c'est ça le problème.
Chapitre 06 — Le filtre
• • •
Moi je suis quelqu'un qui apporte beaucoup d'importance au regard des gens. Je le sais. J'ai pas honte de le dire.
Je veux savoir ce que les gens pensent de moi. Vraiment. Sans filtre. Comme je leur répondrais s'ils me le demandaient et qu'ils seraient capables d'encaisser.
Sauf que personne est capable d'encaisser.
Donc personne dit la vérité.
Ton pote te dit « non t'es bien » alors qu'il pense « t'as pris 10 kilos frère ». Ton collègue te dit « c'est intéressant » alors qu'il pense « c'est de la merde ». Ta copine te dit « fais comme tu veux » alors qu'elle pense « si tu fais ça je te quitte ».
Tout le monde ment. Tout le temps. Par politesse. Par peur. Par habitude.
Et le pire c'est qu'on se ment à nous-mêmes aussi.
Chapitre 06 — Le filtre
On se fait croire qu'on est heureux alors qu'on est juste confortable. On se fait croire qu'on aime notre taf alors qu'on aime juste notre salaire. On se fait croire qu'on a des vrais amis alors qu'on a juste des gens avec qui on sort le samedi.
Chapitre 06 — Le filtre
Le filtre c'est une armure. Et comme toutes les armures, elle te protège et elle t'emprisonne en même temps.
Elle te protège du jugement. Du rejet. De la vérité qui fait mal.
Mais elle t'emprisonne dans un personnage. Un rôle. Une version de toi qui existe que pour les autres.
Et à force de jouer un rôle, tu finis par oublier qui t'es en dessous.
• • •
Moi j'ai toujours été le mec qui s'adapte. Le mec drôle. Le mec qui met l'ambiance. Le mec qui est à l'aise partout avec tout le monde. Et c'est vrai. C'est une partie de moi.
Mais c'est aussi un filtre.
Parce que le mec drôle il a pas le droit d'être triste. Le mec à l'aise il a pas le droit d'être perdu. Le mec qui met l'ambiance il a pas le droit de dire « en fait ça va pas du tout ».
« Bah qu'est-ce qui t'arrive ? » Il m'arrive que je suis humain frère. Ça arrive.
Chapitre 06 — Le filtre
Tu deviens prisonnier de l'image que t'as créée. Les gens s'attendent à ce que tu sois celui que tu leur as montré. Et le jour où t'es pas ça, ils comprennent pas.
Le travail que je fais en ce moment — sur moi, pas sur mes clients — c'est d'enlever les couches. Une par une. De dire ce que je pense. De montrer ce que je ressens. De me foutre du résultat.
C'est un travail de tous les jours. Et c'est loin d'être fini.
Mais chaque couche que tu enlèves, tu respires un peu mieux.
Le « bat les couilles » du jour
La prochaine fois que quelqu'un te demande « ça va ? », réponds vraiment. Pas « ouais tranquille ». La vérité. Si ça va, dis pourquoi. Si ça va pas, dis pourquoi. Tu vas voir : les gens sont pas prêts. Mais toi tu seras plus léger.
Chapitre 07
Le regard des autres version 2.0
Chapitre 07 — T'as pas posté cette story pour toi
Dis-moi un truc.
Ton iPhone. Celui que t'as dans la main là. T'as pris lequel ? Le Pro Max ? Le dernier modèle ?
Pourquoi ?
« Parce que la caméra est meilleure. » Tu prends des photos de quoi ? De ton plat au resto que tu postes en story.
« Parce qu'il est plus rapide. » Pour faire quoi ? Scroller LinkedIn plus vite ?
« Parce que le mien commençait à ramer. » Il avait 2 ans. Il ramait pas. T'avais juste honte de le sortir en public.
T'as pas acheté cet iPhone pour toi. Tu l'as acheté pour les gens qui le voient quand tu le poses sur la table du café.
• • •
Mais en vrai l'iPhone c'est même plus le sujet. C'est l'exemple d'avant. Le regard au feu rouge version 2010.
Aujourd'hui le feu rouge c'est ton écran.
Chapitre 07 — T'as pas posté cette story pour toi
T'as déjà posté un truc, et 30 minutes après t'es là à refresh. Refresh. Refresh. 12 likes. C'est pas assez. Refresh. 14. Toujours pas assez. Refresh.
T'as déjà supprimé un post parce qu'il marchait pas ? Sois honnête. T'as posté un truc que tu pensais vraiment, personne a réagi, et t'as supprimé. Comme si t'avais rien dit. Comme si tu retirais ce que t'avais dit parce que la salle a pas applaudi.
T'as déjà passé 20 minutes à écrire un commentaire et tu l'as effacé parce que « nan c'est nul les gens vont penser que je suis con » ?
Frère. « Les gens. » Encore eux. Toujours eux.
Sauf que maintenant les gens c'est même plus des gens. C'est des pseudos. Des photos de profil. Des fantômes numériques.
Et toi tu modifies qui t'es pour des fantômes numériques.
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Tu sacralises LinkedIn comme si c'était un tribunal. Tu postes pas ce que tu penses, tu postes ce qui est acceptable. Ce qui va plaire. Ce qui va performer.
T'as un truc à dire ? Un vrai truc ? Un truc brut ?
Tu le gardes dans tes notes. Et tu postes un truc tiède à la place.
Chapitre 07 — T'as pas posté cette story pour toi
Et le scroll. Parlons du scroll.
Tu te lèves. T'ouvres Instagram. Et en 3 minutes t'as vu : un mec de ton âge dans une villa à Dubaï, un autre qui te dit qu'il a fait 100k en une semaine, une meuf en bikini à Bali qui fait du yoga devant un coucher de soleil, et un « entrepreneur » qui pose devant une Porsche de location.
Et toi t'es dans ton lit. En caleçon. Avec ton bol de céréales.
Et tu te sens comme de la merde.
Pas parce que ta vie est nulle. Ta vie est très bien. Mais parce que tu compares ton mardi matin en pyjama à la highlight reel de 500 inconnus.
« Oh il a un appart de fou. » « Oh il a une meuf de fou. » « Oh il a réussi sa vie en 6 mois lui. »
Non. Il a réussi son contenu. C'est pas la même chose.
Le mec à Dubaï il te montre pas les 14 heures par jour devant son écran. La meuf à Bali elle te montre pas les 45 photos qu'elle a prises avant de poster la bonne. L'entrepreneur devant la Porsche il te montre pas le crédit revolving.
Tu compares ta vie réelle à leur vie éditée. Et tu perds. À chaque fois. Normal. Le match est truqué.
Chapitre 07 — T'as pas posté cette story pour toi
L'autre jour ma meuf se prend en photo. Normal. Elle regarde. Elle refait. « Nan on voit mon bourrelet. »
Et c'est là que ça m'a frappé. C'est partout ce truc. C'est dans tout le monde. C'est dans les moindres gestes du quotidien. On filtre tout. Tout le temps.
Et moi je fais pareil hein. J'suis pas au-dessus.
Y'a un truc que j'ai remarqué. Quand je suis avec quelqu'un et qu'on s'arrête pour prendre une photo dans la rue, c'est normal. Personne nous calcule. On se pose, on prend la photo, c'est cool.
Mais quand t'es seul ?
Essaie de t'arrêter au milieu d'une rue, de poser ton téléphone et de te filmer en train de parler. Tout seul. Devant des inconnus.
Tu le fais pas. Ou si tu le fais t'es méga gêné. Tu regardes autour de toi avant. Tu te dépêches. Tu parles moins fort.
Pourquoi ?
C'est la même rue. Le même téléphone. Le même toi. La seule différence c'est que t'as personne à côté pour justifier ce que tu fais.
Seul, tu deviens ton propre juge. Et ton juge il est sévère. Beaucoup plus sévère que les gens autour qui en ont strictement rien à foutre de toi.
Chapitre 07 — T'as pas posté cette story pour toi
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Mon rapport à tout ça a changé.
L'argent, les objets, le regard — j'ai fait la part des choses. J'suis passé par toutes les phases. Claquer tout. Avoir peur de dépenser. Re-claquer. Re-flipper.
Aujourd'hui je sais me faire plaisir. Je sais faire plaisir aux gens que j'aime. Je profite de la vie sans faire des dingueries et sans brûler l'argent.
Et tu sais ce qui a changé ?
C'est pas mon compte en banque. C'est ma vision. Le jour où j'ai su pourquoi je faisais les choses — pour moi, pas pour le regard — le rapport à l'argent, aux réseaux, aux photos, à tout, ça a changé tout seul.
Le jour où tu fais les choses pour toi, t'as plus besoin de refresh tes likes. T'as plus besoin de refaire ta photo 12 fois. T'as plus besoin que le mec au feu rouge regarde ta caisse.
T'es juste là. Et c'est assez.
Le « bat les couilles » du jour
Ouvre ton téléphone. Regarde ton dernier post. Celui que t'as publié OU celui qui dort dans tes notes depuis des semaines. Demande-toi : je l'ai posté pour moi ou pour les likes ? Et le truc dans tes notes, tu l'as pas posté à cause de qui ? Nomme-les. Tu vas te rendre compte que t'arrives pas. Parce qu'ils existent pas.
Chapitre 08
7 secondes pour convaincre, une vie pour oser
Chapitre 08 — Le cold call de ta vie
Je gagne ma vie en appelant des gens qui veulent pas me parler.
Tous les jours. Du lundi au vendredi. Je décroche un téléphone. Je compose un numéro. Et j'appelle quelqu'un qui m'a rien demandé, à une heure où il a autre chose à foutre, pour lui parler d'un truc dont il a jamais entendu parler.
Et tu sais quoi ? Des fois il me dit merci à la fin.
Le cold call c'est le truc le plus détesté du monde du business. Personne veut le faire. Tout le monde dit que c'est mort. Que c'est has-been. Que c'est du harcèlement.
Et pourtant c'est le truc qui m'a tout appris sur la vie.
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Parce que le cold call c'est pas de la vente. C'est de la psychologie à l'état pur.
En 7 secondes tu dois convaincre un inconnu que t'es pas comme les 15 autres mecs qui l'ont appelé aujourd'hui.
En 7 secondes tu dois passer de « c'est qui ce con » à « ah attends c'est intéressant ».
Chapitre 08 — Le cold call de ta vie
Et tu peux pas tricher. Tu peux pas te cacher derrière un beau site web. Tu peux pas te cacher derrière un post bien écrit. Tu peux pas te cacher derrière un email bien formulé. C'est toi. Ta voix. Ton énergie. Tes mots. Rien d'autre.
Et quand ça marche pas — et ça marche pas souvent — t'as un retour immédiat. Pas un email de refus trois semaines plus tard. Un « non » dans l'oreille. Brutal. Direct. Parfois un « va te faire foutre » si la journée est bonne.
Et tu raccroches. Et tu recommences.
Chapitre 08 — Le cold call de ta vie
Mais tu vois, ce que j'ai compris après des milliers d'appels, c'est que la vie entière est un cold call.
Chaque grande décision que j'ai prise c'était un cold call.
Quitter l'alternance — cold call. J'ai appelé l'inconnu. L'inconnu c'était mon avenir. Et j'avais aucune idée de s'il allait décrocher ou me raccrocher au nez.
Se lancer en freelance — cold call. J'ai dit au monde « je suis là, j'existe, j'ai un truc à offrir ». Et le monde m'a dit « on s'en fout » pendant les 6 premiers mois.
Partir au Portugal — le plus gros cold call de ma vie. Une valise. Un sac à dos. Et un numéro à composer sans savoir si quelqu'un allait répondre de l'autre côté.
Écrire ce livre — cold call. Dire tout ça à des inconnus sans savoir comment ils vont réagir.
Chapitre 08 — Le cold call de ta vie
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Le problème c'est pas le cold call. Le problème c'est que les gens veulent des garanties avant de composer le numéro.
« Et si ça marche pas ? »
« Et si on me dit non ? »
« Et si je me plante ? »
Et bah si ça marche pas tu raccroches et tu rappelles. Si on te dit non tu passes au suivant. Si tu te plantes tu te relèves.
C'est tout.
Y'a pas de mystère. Y'a pas de secret. Y'a pas de hack. Y'a juste le fait de décrocher le téléphone et d'appeler.
La vie récompense pas les gens intelligents. Elle récompense pas les gens talentueux. Elle récompense pas les gens préparés.
Le reste c'est des détails.
Chapitre 08 — Le cold call de ta vie
Vivre en s'en battant les couilles c'est pas être un connard. C'est composer le numéro sans connaître la réponse. C'est parler sans script. C'est avancer sans permission.
C'est cold caller la vie.
Le « bat les couilles » du jour
Y'a un truc que t'oses pas faire depuis des semaines. Un message à envoyer. Un appel à passer. Une conversation à avoir. Considère que c'est un cold call. T'as 7 secondes. Le pire qui puisse arriver c'est un non. Compose le numéro.
Chapitre 09
Les gens qui te jugent n'existent pas
Chapitre 09 — Le regard des fantômes
Tu sais c'est qui les gens dont tu as peur du jugement ?
Des fantômes.
C'est pas des vraies personnes. C'est des personnages que t'as inventés dans ta tête. Des versions imaginaires de gens qui pensent à toi beaucoup moins que tu crois.
Quand tu te dis « qu'est-ce qu'ils vont penser », c'est qui « ils » ?
Ton ancien pote du lycée que t'as pas vu depuis 6 ans ? Il pense pas à toi. Il pense à ses propres problèmes.
Ton collègue qui te regarde bizarre en open space ? Il pense pas à toi. Il pense à ce qu'il va bouffer ce midi.
Ton ex qui va voir tes stories ? Elle pense pas à toi. Enfin si. 3 secondes. Le temps de scroller.
Ton voisin qui voit ta voiture ? Il pense pas à toi. Il pense à sa propre voiture.
Tout le monde est trop occupé à flipper de son propre jugement pour juger le tien.
Chapitre 09 — Le regard des fantômes
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Et pourtant on vit pour ces fantômes.
On poste pas parce que les fantômes vont juger. On appelle pas parce que les fantômes vont se moquer. On part pas parce que les fantômes vont critiquer. On ose pas parce que les fantômes vont parler.
Mais les fantômes parlent pas. Les fantômes existent pas. C'est toi qui les as créés. C'est ta propre voix déguisée en public imaginaire.
C'est ton propre jugement sur toi-même que t'as projeté sur les autres.
Lis ça encore une fois.
Quand tu penses « ils vont me trouver nul », traduis par « JE me trouve nul et j'ai peur que les autres confirment ».
Quand tu penses « ils vont dire que j'abuse », traduis par « JE pense que j'abuse et j'ai peur qu'on me le dise en face ».
Le problème c'est jamais les autres. C'est toujours toi face à toi.
Chapitre 09 — Le regard des fantômes
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J'étais chez moi. Devant mon ordi. J'avais écrit un post pour LinkedIn. Un exercice de copywriting. Le hook c'était : « ta grand-mère la pute ».
Mon curseur était sur le bouton publier. Et pendant 10 minutes, j'ai rien fait. 10 minutes à fixer un bouton bleu.
Les voix. Toutes en même temps. « C'est trop. » « Les gens vont me prendre pour un fou. » « Mes clients vont me lâcher. » « Ma mère va m'appeler. »
J'ai cliqué.
En 2 heures mon téléphone a explosé. Des DMs de gens choqués. Des DMs de gens morts de rire. Des mecs qui me disaient que c'était le meilleur post qu'ils avaient lu. Des désabonnements. Et oui, ma mère m'a appelé.
Et la terre a continué de tourner.
Chapitre 09 — Le regard des fantômes
C'est ça le secret. La terre continue de tourner. Quoi que tu fasses. Quoi que tu dises. Quoi que tu postes. Quoi que tu décides.
Le mec qui se désabonne il t'a oublié 30 secondes après. Le mec qui commente « c'est nul » il est passé à autre chose avant la fin de sa phrase. Le mec qui te juge il se juge lui-même 10 fois plus fort.
Tout le monde est un fantôme pour tout le monde. Toi aussi t'es le fantôme de quelqu'un d'autre.
Quelqu'un quelque part se dit « qu'est-ce que Ludovic va penser de moi » et moi j'ai même pas retenu son prénom.
C'est triste ?
Non. C'est libérateur.
Parce que si personne te regarde vraiment, t'es libre de faire ce que tu veux.
Le « bat les couilles » du jour
Pense à la dernière fois que t'as jugé quelqu'un. Un post. Une tenue. Un choix. Tu t'en souviens ? Probablement pas. Maintenant retourne le miroir. Le mec que t'as jugé, il s'en souvient encore moins que toi. Tes fantômes existent pas. Arrête de vivre pour eux.
Chapitre 10
La dernière page, le premier pas
Chapitre 10 — Ferme ce livre
T'as lu jusqu'ici.
10 chapitres. Mon histoire. Mes galères. Mes leçons. Mes erreurs.
Et maintenant quoi ?
Si t'es comme la plupart des gens, tu vas fermer ce livre, te dire « c'était intéressant », et retourner à ta vie exactement comme elle était avant de l'ouvrir.
Tu vas te lever demain matin. Mettre le masque. Aller au taf. Dire « ça va » alors que ça va pas. Liker des posts LinkedIn en rêvant d'en poster un. Regarder ton téléphone en rêvant de passer l'appel. Rester là en rêvant de partir.
Et dans 6 mois tu vas tomber sur un autre livre. Un autre podcast. Un autre post. Un autre mec qui te dit la même chose avec des mots différents. Et tu vas encore te dire « c'est intéressant ».
Et tu feras encore rien.
Chapitre 10 — Ferme ce livre
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Ou pas.
Ou alors tu fermes ce livre et tu fais le truc.
Mais avant je vais te dire un truc.
Y'a pas de méthode. Y'a pas de recette miracle. Y'a pas de « 5 étapes pour s'en battre les couilles ». Si quelqu'un te vend ça c'est du bullshit.
C'est un travail. De tous les jours. C'est pas un déclic. C'est une évolution. Intérieure. Sur ta manière de penser. De voir le monde. De te voir toi.
Et ça commence par des trucs cons.
Chapitre 10 — Ferme ce livre
Le métro. T'es dans le métro. T'as tes écouteurs. Un son de malade arrive. Le genre de morceau où ton corps veut bouger tout seul.
Et tu bouges pas.
Tu bouges pas la tête. Tu tapes même pas du pied. Parce que t'as peur que les gens te voient. Que quelqu'un te regarde bizarre. Que le mec en face se dise « c'est qui ce fou ».
Frère. T'écoutes de la musique. T'as le droit de danser. T'as le droit de chantonner. Tu fais de mal à personne.
J'ai travaillé là-dessus. Au début je le faisais subtilement. Je bougeais à peine la tête. Et je regardais les gens. J'analysais leurs réactions.
Tu sais ce que j'ai vu ?
Rien. Ils s'en battaient les reins. Personne me regardait. Personne en avait quelque chose à foutre.
Alors j'ai bougé un peu plus. Et un peu plus. Et un peu plus. Et aujourd'hui si j'ai envie de m'ambiancer dans le métro, de kiffer ma musique, d'être dans mon monde — je le fais.
C'est con comme exemple. Mais c'est là que ça commence. Dans les petits trucs.
Chapitre 10 — Ferme ce livre
Parce que s'en battre les couilles c'est pas un grand geste. C'est pas quitter ton taf du jour au lendemain. C'est pas poster un truc choquant sur LinkedIn. C'est pas partir à Lisbonne.
C'est bouger la tête dans le métro. C'est poster le truc dans tes notes. C'est dire « en fait ça va pas » quand quelqu'un te demande comment tu vas. C'est des micro-trucs. Tous les jours. Qui s'empilent.
Et petit à petit tu te rends compte que le monde s'effondre pas. Que les gens s'en foutent. Que les fantômes existent pas.
• • •
Le plus important dans tout ça c'est d'être honnête avec toi-même. Accepter ce que tu penses. Débattre avec toi sans te mentir. Accepter tes forces. Tes faiblesses. Tes qualités. Tes défauts. Tout.
Ça peut paraître bateau. Mais c'est vraiment une des clés. Parce que le jour où tu t'acceptes toi-même — le bon et le mauvais — y'a personne qui peut t'atteindre. C'est logique. Si tu sais déjà tout sur toi, qu'est-ce que quelqu'un peut t'apprendre ?
Apprendre à se connaître. C'est le truc le plus sous-estimé du monde.
Chapitre 10 — Ferme ce livre
J'ai cramé tout mon argent à 20 ans. J'ai bossé à Lidl. J'ai arnaqué des vieux. J'ai pas fini mon alternance. J'suis parti dans un autre pays avec un sac à dos. J'ai menti à mes proches. J'suis tombé. J'me suis relevé.
Et je suis toujours là.
Pas parce que je suis plus courageux que toi. Pas parce que je suis plus intelligent. Pas parce que j'ai un don.
C'est tout. C'est la seule différence.
Et cette décision, tu peux la prendre maintenant. Là. En fermant ce livre.
Chapitre 10 — Ferme ce livre
Donc voilà. C'est la fin.
Y'a pas de résumé en 10 points. Y'a pas de checklist. Y'a pas de « les 5 clés de la réussite ». C'est pas ce genre de livre.
Y'a juste toi. Et le truc que t'oses pas faire.
• • •
Tu te souviens de la première page ? « Ta grand-mère la pute. » T'as réagi. T'as eu un avis sur moi. Et moi j'en ai rien eu à foutre. Parce que je m'en bats les couilles.
Maintenant c'est ton tour.
Ferme ce livre.
Et bats-toi en les couilles.
T'as fini ?
Laisse ton avis.
Attends... t'as lu 56 pages d'un mec qui te dit de s'en battre les couilles de l'avis des gens...
...et tu penses que je vais te demander le tien ?
« Le bonheur c'est pas une destination. C'est le moment où tu décides que le regard des autres vaut moins que ta propre vie. »
Ludovic François
Beginnin Studio — Lisbonne
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